Ciao! Manhattan, c'est tout d'abord la découverte dans une splendide copie DVD de l'icône immortelle de Warhol, de la "beauty number 2", Edie Sedgwick, splendeur visuelle au corps parfait qui n'avait pour seule occupation que celle d'être... une superstar. Un peu de mannequinât, un peu de comédie, mais surtout et avant tout, une personnalité hors du commun qui émerveillait ceux qui l'entouraient, partout où elle mettait les pieds. Fausse biographie tournée en cinq ans, ce film retrace à travers le destin de Susanne celui d'Edie, qui passe du statut de "pantin" de Warhol (qu'elle singeait jusqu'à la couleur de cheveux) à la déchéance la plus totale, déchéance qui durera trois années, faites de tentatives de suicide et d'injections de substances diverses. En fixant ainsi le visage d'Edie sur pellicule, en utilisant et mélangeant les images tournées à celles archivées (les plans du véritable mariage d'Edie quatre mois avant sa mort, notamment), les deux réalisateurs parviennent à faire revivre le mythe sur l'écran, mais aussi dans notre mémoire - y compris pour ceux qui ne la connaissaient pas avant de voir le film. En proposant trois temporalités différentes (passé new-yorkais au milieu de la faune underground - présent hollywoodien au milieu de posters et autres vestiges de son ancienne gloire - délire paranoïaque), le film pénètre plus avant dans la personnalité de son personnage, la transformant, la transcendant, l'icônifiant définitivement, la faisant pénétrer notre propre rétine à la manière des sérigraphies de Warhol. Ciao! Manhattan est cette petite perle qui, le temps de quelques dizaines de minutes, fait revivre un monde et une époque à travers son personnage le plus édifia
nt.
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